Dimanche 12 novembre 2006

Après 6 mois de vacances qui m’ont permis de prendre le recul nécessaire par rapport à la prépa, et 3 semaines de cours en Fac qui me permettent d’en dresser un premier bilan, le temps est venu pour le grand duel entre les deux systèmes.

 

1re manche : l’emploi du temps et le travail personnel

Evidemment, cette manche ne peut tourner qu’à l’avantage de la fac : 16 heures de cours pour la fac, 30 voire plus pour la prépa, y’a pas photo !

4 matières choisies par semestre, dans un seul et même domaine (l’histoire) et qui peuvent avoir des liens les unes avec les autres suivant le sujet pour la fac ; 7 matières imposées pour la prépa, avec parfois plusieurs programmes par matières (4 programmes juste pour l’histoire par exemple, avec dans les autres matières des sujets aussi variés que la philosophie du travail, 4 auteurs du XIXè et XX èS en littérature, la mer Baltique et ses espaces riverains en Géo, de la traduction de textes littéraires en anglais…)

 

Bref, alors que la prépa brassait un tas d’univers différents et allait un peu dans toutes les directions, la fac est davantage cohérente en proposant un programme qu’on peut assembler soi-même, avec toutefois quelques obligations (couvrir les 4 périodes de l’histoire). Du coup, il peut y avoir des interactions, ce qui est très intéressant car permet d’aborder un sujet sous deux angles très différents : dans mon cas mon programme d’Histoire du Judaïsme va forcément croiser celui d’Histoire Géopolitique de l’Europe sur la question nazie ou celle des transferts de population.

 

Le temps libre que laissent les heures de cours permet aussi de bosser davantage, sans stress, et d’être plus efficace qu’en prépa, où après une journée complète et fatigante tu devais bosser un contrôle de géo pour le mardi, rendre une semaine sur deux une version d’anglais le mardi aussi, te préparer pour la dissert hebdomadaire du mercredi en 5 heures, faire un commentaire de texte en littérature pour le lundi et le jeudi, et si t’avais pas de chance préparer un oral par-dessus le marché, toujours dans le stress, la fatigue et l’urgence, sans avoir finalement le temps de maîtriser à fond un sujet, ce qui est assez frustrant. Et on était censé aussi lire des bouquins spécialisés sur les programmes pour affiner nos connaissances (perso, j’ai dû en lire moins de 8 en deux ans, soit très peu)

Par contre, par sa plus grande diversité, la prépa permettait d’avoir une culture générale beaucoup plus complète, surtout qu’on nous demandait une connaissance la plus exhaustive possible sur le sujet

 

Bref, plus d’ouverture et de culture avec la prépa, mais un esprit plus tranquille en fac pour apprécier davantage ce que tu fais, et t’y mettre à fond si tu le désires.

GAGNANT de la manche : LA FAC (1-0)

 

2ème manche : l’enseignement

Bon, là par contre c’est une autre paire de manche. A ce qu’il paraît, les profs de la fac d’histoire de Toulouse sont très compétents et très exigeants, comparé à ceux de la majorité des autres facs de France. C’est vrai que les cours sont souvent très bons, que les profs sont pédagogiques et motivés, et attendent de nous des résultats.

Mais rien à voir quand même avec les profs de prépa, qui, je m’en rends compte maintenant, faisaient un boulot incroyable : des cours très bien problématisés, très complets et intéressants. A la fac, les cours manquent de détail, sont pas tout le temps bien problématisés, il faut obligatoirement faire des recherches pour compléter le cours.

Elément révélateur : à la fac, j’écris en 4 heures entre 6 et 8 pages, maximum une copie double pleine, quoi. En prépa, j’écrivais environ 6 pages en une heure, soit une vingtaine de pages en 4 heures…

GAGANT de la manche : la PREPA

 

3ème manche : l’ambiance

J’ai rêvé de la fac pendant deux ans, je pensais que l’ambiance allait être trop fun, que les gens seraient cool, ouverts d’esprits, sympas, sociables et prêts à sortir tout le temps…

Ben non.

Ca fait 3 semaines que les cours ont commencé, et triste constat :  je connais deux personnes, et encore car c’est moi qui suis venu leur parler ! Je ne sais pas si c’est une généralité ou si c’est seulement en histoire, mais les gens sont personnels, fermés et limite s’ils ne te mettent pas des bâtons dans les roues.

Exemple : en cours d’Histoire du judaïsme, la prof dit qu’elle notera sur un papier le choix des élèves pour les exposés oraux après la pause. Donc je sors, c’est là que je rencontre Frédéric et Charlotte (les deux seules personnes que je connais) et quand on rentre, on voit un attroupement frénétique près du bureau : les gens, alors que la prof avait dit qu’elle s’en occuperait après la pause, se sont rués noter leur choix d’exposés, obligeant ceux qui sont logiquement partis en pause à se restreindre sur les rares exposés qui n’avaient pas été choisis. Du coup, avec mon ancienne coloc’ Manon, on s’est retrouvé avec un exposé qu’on ne voulait pas à l’origine, le premier de la liste (les gens voulaient se réserver du temps pour le préparer). Bon l’exposé s’est bien passé mais cette ruée m’a fait complètement halluciner.

Surtout que logiquement, quand on est pendant deux ans avec des personnes choisies sur dossier, donc des têtes de classe, on pourrait penser que c’est ces personnes-là qui sont le plus susceptibles de lécher le cul des profs (on n’imagine mal un cancre faire du lèche-cul)

Eh bien s’il y avait effectivement quelques lèches-cul dans les 57 élèves de la prépa, j’ai rencontré leurs maîtres à la fac, en la personne des deux personnes qui sont passées le même jour que nous en exposé d’Histoire du judaïsme. Une semaine avant l’exposé (alors qu’on venait à peine, Manon et moi, de recevoir les textes), les deux élèves, à la pause, vont voir la prof avec 4 gros bouquins qu’ils avaient lu (en 3 jours !), un plan détaillé, et lui ont léché le cul comme jamais : « qu’est-ce que vous pensez du petit B du grand II, Madame ? » « Vous pouvez lire notre problématique pour nous dire ce que vous en pensez s’il vous plaît ? » « Quels autres ouvrages nous conseilleriez-vous ? » : !!!! HAL-LU-CI-NANT !

 

Bref, et à mon grand regret : VAINQUEUR de la manche, avec une bonne longueur d’avance : LA PREPA !

C’était dur, mais au moins on était un grand groupe soudé, tous dans la même galère, personne ne se prenait pour un Normalien Supérieur et l’ambiance était largement meilleure.

 

Bilan général : la Prépa mène 2-1, petite déception pour la Fac qui promettait beaucoup mais ne donne pas grand chose. Bon, juste le fait d’avoir 16 heures de cours répartis du mardi au jeudi est suffisant pour que j’aime beaucoup la fac, mais c’est limite si je regrette la prépa, surtout pour l’ambiance qu’il y avait.
Par Sylvain - Publié dans : Vie à Toulouse
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Samedi 4 novembre 2006
MAD TV est une émission américaine qui parodie la télévision, le cinéma, la politique, les stars, en gros tout ce qui passe à la télé.
Mad TV n'a rien à voir avec les émissions françaises comme Les Bêtisiers de TF1 qui nous montrent 3 parodies qui viennent de Finlande par émission, avec des invités qui sont là pour parler de leur actualité et se casser le plus vite possible. C'est une véritable bande de comédiens qui gère MadTV et qui endosse les différents rôles des parodies. Le show a donc une identité, les comédiens ont des liens entre eux et avec le public.

Mad TV est une véritable institution aux Etats-Unis, où il en est à sa 11è saison. Les stars se bousculent pour faire des sketchs avec les comédiens et le plus souvent rire d'eux-mêmes. Les parodies sont souvent très réussies, comme ces deux que vous pouvez voir ci-dessous :

PARODIE DES SOPRANOS :
Une des parodies de MadTV qui m'a fait le plus rire à ce jour. Bon, c'est sûr il faut connaître les Sopranos pour se régaler, mais j'espère que ça fera rire les non-initiés aussi. L'équipe parodie la liberté de ton dont bénéficie les Sopranos, et s'amuse à faire comme si la série était diffusée sur une chaîne hertzienne, c'est-à-dire en censurant sauvagement tout ce qui ne passerait pas sur une grande chaîne :  les "fuck" "shit" "bullshit" "motherfucker" etc, la violence et le sexe. Du coup ça donne un épisode de 3 minutes avec des coupes sauvages hilarantes, c'est vraiment à voir (pour l'anecdote, j'ai revu cette parodie quand j'étais à la BU de la fac, je riais tellement que j'ai dû mettre sur pause pour ne pas exploser de rire et me faire virer de la BU)

Mad TV - The Sopranos Parody
envoyé par zombie




PARODIE DE SPIDERMAN :

Un des duos qui a enflammé Mad TV il y a quelques années : l'excellent Jack Black et Sarah Michelle Gellar, qui parodient ici le film Spider-Man puis Wonder-Woman (en fait, Sarah Michelle Gellar était pressentie au moment de la parodie pour reprendre le rôle de Wonder-Woman au cinéma, c'est pour ça qu'à la fin de la parodie SMG est Wonder Woman) Les deux acteurs avaient aussi présenté une cérémonie de remise de prix ensemble dans laquelle ils avaient fait pleins de sketchs, mais j'arrive pas à me rappeller laquelle c'était ! Damn !
Par Sylvain - Publié dans : Divers
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Vendredi 3 novembre 2006
Voici une nouvelle et excellente série, qui, chose étonnante, avait tout pour dégoûter au premier abord à cause de son pitsch, ridicule : des gens aux facultés extraordinaires (invincibilité, capacité à voler, capacité à contrôler le temps, double maléfique, lecture dans les pensées...) qui ne doivent ni plus ni moins que sauver le monde d'une catastrophe nucléaire qui s'abattra sur la ville de New York.
Ca sent le Smallville à plein nez, les vidéos promos de la chaîne montraient une blonde pom-pom girl et un beau gosse paumé, bref de quoi partir en courant. Le titre même est ridicule : Heroes. Mais en fait non. D'ailleurs, ça me fait un peu penser à un autre pitsch complètement ridicule : une jeune fille blonde en mini-jupes, l'Elue, doit sauver le monde des vampires et autres démons dans une ville de Californie avec ses gros loosers d'amis et en préservant son identité. Et en plus, non seulement le titre est vraiment ridicule : Buffy the vampire slayer, mais les personnages ont des noms vraiment à chier : Buffy (=sang coagulé), Willow (=saule pleureur), Xander (=ben... Alex), ou encore Rupert Giles (franchement !)
Bref, vous voyez ce que je veux dire.


Non, franchement c'était très mal parti pour Heroes. Heureusement, la surprise fut très agréable : en plus d'une forme très soignée (réalisation classe et ambitieuse, photographie sophistiquée, montage efficace, musique grandiloquente) il y a un vrai fond, qui de plus est passionnant ! Les acteurs sont charismatiques, les personnages plus profonds que tous les personnages de Smallville, Charmed et 7 à la maison réunis sur les 25 saisons que comptent ces séries en tout (!11 pour 7 à la maison, 8 pour Charmed et pour l'instant 6 pour Smallville), et le suspence est très habilement distillé. C'est classe, bien écrit, et suffisament populaire pour que 14 millions d'Américains regardent !

Vous trouverez des liens vers les 6 premiers épisodes dans la catégorie "Liens" de cette très bonne série, à qui je souhaite un destin à la Buffy !
Par Sylvain - Publié dans : Divers
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Lundi 30 octobre 2006

Comme j’ai pas envie que ma première critique ciné sur ce blog soit négative, ce n’est pas moi qui vais la faire mais une jeune fille dont l’opinion est très intéressante :

 

« Salut, moi c’est Andive, j’ai 15 ans, 3 mois et 1 jour, je suis Verseau ascendant Poissons, Chien de mon signe chinois, VOTEZ CYRIL A LA STARAC' et j’ai trop a-do-ré le film !

Avant de commencer ma critique (trop cool que sylvain m'ait demandé de la faire!) j’ai une déclaration à faire et c’est hyper important : c’est pas la peine de vous moquer de mon prénom, j’y peux rien si mes parents m’ont appelée comme ça, j’ai demandé à ma mère pourquoi elle m’avait appelé comme un fruit et elle m’a juré qu’elle savait pas au moment où ils ont choisi, alors ça va, hein !

L’autre jour sur un tchat y’a un mec qui était trop relou il m’a dit : « Andive, j’ai envie d’une escalope avec une belle salade », j’lui ai dit « ben vas au resto ! », et il m’a dit « c’est une contre pète et rit » (puis il arrêtait pas d’envoyer des clins d’œil) , et jlui ai dit « quoi ? », il m’a dit un truc genre il faut changer des syllabes, enfin bref j’ai pas trop compris mais maintenant je vais changer de pseudo ! Raz-l’assiette !

 

Bon, avec tout ça je m’éloigne du vif du sujet, qui est le film, et franchement c’était trop bien. Moi je le savais que c’était dur le milieu de la mode (je lis Filles-magazine toutes les deux semaines), mais alors à ce point-là j’m’imaginais pas, quoi.

C’est l’histoire d’une fille trop belle et trop intelligente, et dans la vie elle veut écrire dans des magazines sérieux, genre les informations, mais qu’on achète dans les bureaux de tabacs (perso jtrouve ça débile, j’veux dire y’a qu’à regarder la télé quoi, pourquoi se forcer à lire ?)

Enfin bref elle décroche un boulot trop bien dans un magazine de mode, mais la pauvre elle se fringue vraiment comme ma grand-mère, c’est pour ça que tout le monde se moque d’elle au début. Hi hi d’ailleurs c’était trop tordant, le moment où elle arrive avec son pull synthétique bleu trop grand et son pantalon vert tout moche, limite jme suis dit « ils abusent, à croire qu’ils veulent la ridiculiser en lui faisant porter des trucs horribles pour que son changement plus tard dans le film soit spectaculaire et qu’on dise ‘ouah elle a trop changé’ »…

Mais bon… jme le suis pas dit, quoi.

 

Et franchement la vie, elle est trop dure pour elle. Je savais pas que c’était aussi dur de devenir journaliste aux Etats-Unis : apparemment il faut travailler pendant un an comme assistante dans un magazine de mode super réputé, parce qu’ensuite, quand t’as survécu à la mode, tu peux survivre à tout (un peu comme McDo). Et même si le journalisme politique ça a rien à voir avec la mode, eh ben il faut quand même passer par là, sinon c’est pas possible de percer (si si, elle avait pas le choix, c’est dit dans le film !)

Trop dur, quoi. Comme quoi la mode ça mène à tout ! Et merci au film de m’avoir appris ça ! Par contre je me pose une question : est-ce que pour devenir journaliste de mode faut être assistante dans un magazine sérieux genre « Times » ? Parce que sinon je vais peut être changer d’idée de carrière ! (c'est vrai quoi, je vais me retrouver avec que des intellos, et tout le monde sait que l'intelligence, c'est la roue de secours des moches !)

 

Pour revenir au film, l’héroïne galère grave, au début elle se croit trop bien pour s’abaisser à porter des trucs à la mode (franchement c’est pas être superficielle que porter de la fourrure, faut relativiser y’a pas mort d’homme !), et puis un jour elle comprend que la mode, c’est hyper sérieux et profond aussi, et du coup elle change de look et elle est trop belle, quoi ! Bon ça empêche pas que sa patronne elle soit trop hyper-méchante et que l’autre secrétaire lui dise pleins de vacheries, mais elle est trop gentille alors elle pardonne tout et essaie de se montrer à la hauteur, quitte à travailler toute la nuit (ben oui c’est ça la mode, t’as plus de vie privée !)

Mais y’a de la lueur à la sortie du pont, car y’a un riche rédacteur d’un autre magazine qui la drague, et j’avais trop envie de lui dire « vas-y, largues ton cuisinier à deux balles, prends le riche ! », mais elle m’a pas écouté. Enfin pas tout de suite, parce qu’à force de porter des belles fringues, eh ben elle a commencé à devenir comme les autres poufs et laisser tomber ses vraies valeurs, ses amis, son copain et tout. D’ailleurs à un moment son copain la largue parce qu’elle arrêtait pas de faire passer sa patronne avant lui, et ça tombe pile avant son méga-voyage à Paris qu’elle a piqué à l’autre assistante. Du coup elle couche avec le beau rédacteur à Paris (trooooop romantiiiiiiiique) dans son super appart’ avec vue sur la tour Eiffel, mais dès le lendemain matin, elle découvre que c’est un gros salaud parce qu’il était au courant que sa patronne allait se faire virer et il a rien dit par ambition personnelle !!! Alors elle court prévenir sa patronne, mais en fait la patronne savait et elle avait déjà élaboré un plan de secours, du coup c’est un gars qu’elle aimait bien qui se retrouve sur le carreau. Trop injuste ! C’est là qu’elle comprend que la vie c’est pas le travail acharné, que l’amour c’est trop important, beaucoup plus que d’être riche et de s’habiller bien.

 

PS : enfin bon pour trouver l’amour faut quand même être un peu riche et bien sapée, quoi. Je sais que moi, j’aurais jamais séduit Brian si je l’avais pas invité tous les jours pendant un mois à jouer sur la PlayStation 2 de mon frère ! J’ai même dû acheter une Nintendo DS à mon frère pour qu’il arrête de vouloir jouer à la Play quand Brian était là, preuve que le film a tout faux de ce côté là (franchement c'est le seul défaut que je trouve au film)

Je trouve que des fois les films ils sont vraiment éloignés de la réalité, avec ce genre de discours par exemple. Y’a une fille dans ma classe elle met des jupes à carreaux parce qu’elle est pauvre, hé ben elle est célibataire, y’a pas de secrets ! Si elle avait de l’argent elle s’achèterait un jean taille basse et peut être qu’elle mangerait pas toute seule au fond de la cour. Alors la morale « l’argent fait pas le bonheur », c’est mauvais car ça risque de donner de l’espoir aux pauvres qui sont moches et mal sapées, et elles vont être hypra déçues !

 

PS bis : heureusement que je suis riche et bien sapée !

 

Bref, du coup à la fin elle laisse tomber les fringues des grands couturiers (mais elle s’habille mieux quand même, comme quoi l’expérience a été positive) et elle récupère son copain, tant pis s’ils seront pauvres. Mais même pas, parce qu’il a trouvé un boulot trop bien et elle, elle réussit à avoir un boulot dans un magazine sérieux ! Ouf, j’ai trop cru que ça finirait mal.

 

En résumé, le film est trop bien, parce qu’il véhicule des valeurs trop profondes genre « faut pas vendre son âme au travail et à l’ambition, parce que c’est l’amour le plus important »

C’est vrai quoi, à 80 ans on bossera plus (enfin ça dépend si la droite reste au pouvoir) et alors là si on a fait un boulot dans lequel on était méchant et qu’on se retrouve tout seul (parce que le film nous dit qu’on se retrouve toujours tout seul quand on vend son âme au travail), eh ben on aura raté sa vie !

Je suis bien contente d’avoir vu ce film avant d’avoir 80 ans (ou 56 d'ailleurs, parce que ça doit être hyper difficile de refaire sa vie à 56 ans, non ?), comme ça je vais faire les bons choix, d’ailleurs je vais commencer tout de suite : ce soir ma mère voulait que je reste à la maison pour travailler mes maths, eh ben je vais aller voir Brian parce que si je travaille trop, je vais devenir méchante et égoïste et je vais me faire larguer ! Jamais ! Après manquerait plus que le fisc découvre que papa déclare pas ses impôts et je touche le fond, quoi ! (en plus, je crois que ma mère a des jupes à carreaux dans son armoire, c’est trop horrible si j’ai plus d’argent j’irai tenir compagnie à l’autre scandaleuse !)

 

Avant de finir, je voudrais dire que j’ai remarqué un aspect hyper intéressant : la diversité culturelle : l’héroïne est blanche, sa meilleure amie est noire et son copain est latino. Etant donné que le film se déroule dans le milieu de la mode et de la richesse où y’a que des blancs, j’ai trouvé ça super bien qu’ils montrent des latinos et des noirs chez les pauvres ! Trop ouvert d’esprit le film !

 

Et comme jsuis une nana qu’adore le cinéma et qui remarque pleins de détails de pros, je tiens à noter que l’esthétisme du film est trop bien réalisée : à chaque fois qu’un personnage marche dans la rue, c’est filmé au ralenti avec de la musique des plus grands tubes du moment, j’ai trop adoré ! Et puis quand l’héroïne est triste, y’a des gros plans sur son visage avec de la musique au piano, non franchement le film il a trop du style !

 

Bon, jvous laisse, jvais retrouver Brian.

Kissouxxx’

 

Andive. »

 

 En gros : une comédie rose bonbon garantie 100% bons sentiments et écrite avec les pieds mais quand même agréable à regarder quand on a rien à faire. Les acteurs s’en sortent bien. Par contre, que vient faire Meryl Streep là-dedans ?

Par Sylvain - Publié dans : Critiques ciné
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Lundi 30 octobre 2006

Je viens de me relire Topaze de Marcel Pagnol, et ce livre me régale toujours autant à chaque fois que je m'y replonge. Pour moi le meilleur roman de Marcel Pagnol, auteur marseillais du XXème siècle, Topaze est une brillante pièce de théâtre sur l'argent, le pouvoir et la morale, et sur un homme représentant un modèle de vertu et de conscience, qui à la suite de quiproquos malheureux est entraîné dans la spirale de l'argent, s'en révolte pour, ensuite, devenir lui aussi un maillon de la chaîne.

 

Topaze représente le modèle de l'abruti vertueux, tellement naif et croyant si sincèrement aux principes d'une société bonne fondée sur le mérite et le travail qu'il ne voit pas que le monde se joue de lui. Pagnol ne lésigne pas sur les clichés, que ce soit par ce personnage principal ridiculeusement utopique dont le cours (il est instituteur) ressemble à une propagnade de la vertu, ou encore par la description du milieu d'affaires représenté par Castel-Bénac, homme politique crapuleux dont les moeurs sont l'exact opposé de celles de Topaze.

Pourtant et heureusement, Pagnol a de l'idée derrière ces clichés, et s'il les installe en tant que situation initiale au début de chaque acte afin de lancer les situations, il les abandonne bien vite et ne les utilise que pour produire l'aspect comique, qui vient par des dialogues rythmés et incisifs, une excellente interraction entre les personnages et par un comique de situation remarquablement maîtrisé. En effet, sous cette superficialité se cache une solide démonstration sur la réalité de la société moderne, et sur ce qu'est réellement le pouvoir. Et finalement, alors que le professeur Topaze démontrait à ses élèves avec une désopilante bonne foi un monde dualiste dans lequel le Bien et le Mal sont clairement séparés, les désillusions successives du personnage et son apprentissage de la vie telle qu'elle est lui font insérer des nuances dans son discours, et permettent à Pagnol de dresser un portrait somme toute réaliste de la société : l'argent ne fait pas le bonheur mais seuls ceux qui en ont sont heureux, à moins, comme Topaze au début de la pièce, de s'enfermer dans un monde de vertu certes sécurisant mais inadapté dans la vie en société, dans laquelle l'argent est le moteur de l'ambition et la source du pouvoir.

Par une suite de scènes dans lesquelles l'humour cotoie la pertinence, acte après acte Pagnol fait entrer Topaze dans un nouveau stade de perception du monde. De professeur heureux mais déconsidéré, il évolue en homme d'affaire manipulé dans l'acte 2. Il devient conscient de sa faiblesse dans l'acte 3 quand il découvre la véritable nature de ses associés et du milieu dans lequel il travaille, mais après une phase de désespoir, la vue de sa réussite et l'amour qu'il ressent pour la femme de son patron (qui préfigure de son goût pour le pouvoir) l'amènent à accepter dans le dernier acte les règles du jeu, et même de s'y complaire au point d'opérer un véritable coup d'Etat et d'obtenir en quelque sorte une victoire "morale" sur son patron, et mettant dehors celui qui l'avait manipulé et déconsidéré et en instaurant lui-même ses règles.

 

En gros : une formidable comédie de moeurs parisiennes et une confrontation excellente entre l'idéal et le réel.

Par Sylvain - Publié dans : Critiques bouquins
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