Après 6 mois de vacances qui m’ont permis de prendre le recul nécessaire par rapport à la prépa, et 3 semaines de cours en Fac qui me permettent d’en dresser un premier bilan, le temps est venu pour le grand duel entre les deux systèmes.
1re manche : l’emploi du temps et le travail personnel
Evidemment, cette manche ne peut tourner qu’à l’avantage de la fac : 16 heures de cours pour la fac, 30 voire plus pour la prépa, y’a pas photo !
4 matières choisies par semestre, dans un seul et même domaine (l’histoire) et qui peuvent avoir des liens les unes avec les autres suivant le sujet pour la fac ; 7 matières imposées pour la prépa, avec parfois plusieurs programmes par matières (4 programmes juste pour l’histoire par exemple, avec dans les autres matières des sujets aussi variés que la philosophie du travail, 4 auteurs du XIXè et XX èS en littérature, la mer Baltique et ses espaces riverains en Géo, de la traduction de textes littéraires en anglais…)
Bref, alors que la prépa brassait un tas d’univers différents et allait un peu dans toutes les directions, la fac est davantage cohérente en proposant un programme qu’on peut assembler soi-même, avec toutefois quelques obligations (couvrir les 4 périodes de l’histoire). Du coup, il peut y avoir des interactions, ce qui est très intéressant car permet d’aborder un sujet sous deux angles très différents : dans mon cas mon programme d’Histoire du Judaïsme va forcément croiser celui d’Histoire Géopolitique de l’Europe sur la question nazie ou celle des transferts de population.
Le temps libre que laissent les heures de cours permet aussi de bosser davantage, sans stress, et d’être plus efficace qu’en prépa, où après une journée complète et fatigante tu devais bosser un contrôle de géo pour le mardi, rendre une semaine sur deux une version d’anglais le mardi aussi, te préparer pour la dissert hebdomadaire du mercredi en 5 heures, faire un commentaire de texte en littérature pour le lundi et le jeudi, et si t’avais pas de chance préparer un oral par-dessus le marché, toujours dans le stress, la fatigue et l’urgence, sans avoir finalement le temps de maîtriser à fond un sujet, ce qui est assez frustrant. Et on était censé aussi lire des bouquins spécialisés sur les programmes pour affiner nos connaissances (perso, j’ai dû en lire moins de 8 en deux ans, soit très peu)
Par contre, par sa plus grande diversité, la prépa permettait d’avoir une culture générale beaucoup plus complète, surtout qu’on nous demandait une connaissance la plus exhaustive possible sur le sujet
Bref, plus d’ouverture et de culture avec la prépa, mais un esprit plus tranquille en fac pour apprécier davantage ce que tu fais, et t’y mettre à fond si tu le désires.
GAGNANT de la manche : LA FAC (1-0)
2ème manche : l’enseignement
Bon, là par contre c’est une autre paire de manche. A ce qu’il paraît, les profs de la fac d’histoire de Toulouse sont très compétents et très exigeants, comparé à ceux de la majorité des autres facs de France. C’est vrai que les cours sont souvent très bons, que les profs sont pédagogiques et motivés, et attendent de nous des résultats.
Mais rien à voir quand même avec les profs de prépa, qui, je m’en rends compte maintenant, faisaient un boulot incroyable : des cours très bien problématisés, très complets et intéressants. A la fac, les cours manquent de détail, sont pas tout le temps bien problématisés, il faut obligatoirement faire des recherches pour compléter le cours.
Elément révélateur : à la fac, j’écris en 4 heures entre 6 et 8 pages, maximum une copie double pleine, quoi. En prépa, j’écrivais environ 6 pages en une heure, soit une vingtaine de pages en 4 heures…
GAGANT de la manche : la PREPA
3ème manche : l’ambiance
J’ai rêvé de la fac pendant deux ans, je pensais que l’ambiance allait être trop fun, que les gens seraient cool, ouverts d’esprits, sympas, sociables et prêts à sortir tout le temps…
Ben non.
Ca fait 3 semaines que les cours ont commencé, et triste constat : je connais deux personnes, et encore car c’est moi qui suis venu leur parler ! Je ne sais pas si c’est une généralité ou si c’est seulement en histoire, mais les gens sont personnels, fermés et limite s’ils ne te mettent pas des bâtons dans les roues.
Exemple : en cours d’Histoire du judaïsme, la prof dit qu’elle notera sur un papier le choix des élèves pour les exposés oraux après la pause. Donc je sors, c’est là que je rencontre Frédéric et Charlotte (les deux seules personnes que je connais) et quand on rentre, on voit un attroupement frénétique près du bureau : les gens, alors que la prof avait dit qu’elle s’en occuperait après la pause, se sont rués noter leur choix d’exposés, obligeant ceux qui sont logiquement partis en pause à se restreindre sur les rares exposés qui n’avaient pas été choisis. Du coup, avec mon ancienne coloc’ Manon, on s’est retrouvé avec un exposé qu’on ne voulait pas à l’origine, le premier de la liste (les gens voulaient se réserver du temps pour le préparer). Bon l’exposé s’est bien passé mais cette ruée m’a fait complètement halluciner.
Surtout que logiquement, quand on est pendant deux ans avec des personnes choisies sur dossier, donc des têtes de classe, on pourrait penser que c’est ces personnes-là qui sont le plus susceptibles de lécher le cul des profs (on n’imagine mal un cancre faire du lèche-cul)
Eh bien s’il y avait effectivement quelques lèches-cul dans les 57 élèves de la prépa, j’ai rencontré leurs maîtres à la fac, en la personne des deux personnes qui sont passées le même jour que nous en exposé d’Histoire du judaïsme. Une semaine avant l’exposé (alors qu’on venait à peine, Manon et moi, de recevoir les textes), les deux élèves, à la pause, vont voir la prof avec 4 gros bouquins qu’ils avaient lu (en 3 jours !), un plan détaillé, et lui ont léché le cul comme jamais : « qu’est-ce que vous pensez du petit B du grand II, Madame ? » « Vous pouvez lire notre problématique pour nous dire ce que vous en pensez s’il vous plaît ? » « Quels autres ouvrages nous conseilleriez-vous ? » : !!!! HAL-LU-CI-NANT !
Bref, et à mon grand regret : VAINQUEUR de la manche, avec une bonne longueur d’avance : LA PREPA !
C’était dur, mais au moins on était un grand groupe soudé, tous dans la même galère, personne ne se prenait pour un Normalien Supérieur et l’ambiance était largement meilleure.
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